Election Municipale 2020 à Paris : les propositions pour le logement
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Élection municipale 2020 : 

Mise à jour le 03/02/2020
Financial Times
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PETIT RAPPEL : QUI SONT LES CANDIDATS À LA MAIRIE DE PARIS ? 

NOS REFERENCES

LES PROPOSITIONS DES DIFFÉRENTS CANDIDATS POUR LE LOGEMENT

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TOUS NOS ARTICLES

NOS REMARQUES SUR CES DIFFÉRENTES PROPOSITIONS

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Notre point de vue dans cet article sera essentiellement celui du professionnel de l’immobilier. Nous ne représentons aucun parti politique ni ne soutenons aucun candidat. Nous nous positionnons en tant que professionnels de l’immobilier et observateurs avertis du comportement du marché. Nos observations sont basées sur notre expérience de terrain et n’ont pas pour vocation de servir d’évaluation des propositions des différents candidats qui méritent tous notre respect pour leur implication et leur volonté de répondre aux besoins des parisiens.
Frais de notaire
Durée de lecture : 5 minutes
AVANT-PROPOS
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Pour vous aider à vous faire une idée sur les programmes des différents candidats à l'élection municipale 2020 à Paris en matière de logement, nous avons recensé les différentes propositions des candidats et nous vous donnons notre point de vue en qualité de professionnel de l'immobilier spécialiste de Paris. 
À ce jour, 9 candidats à la mairie de Paris ont été recensés. Si vous ne suivez pas de près l’actualité politique, nous vous avons préparé un récapitulatif des principaux noms et des partis politiques qu’ils représentent, ainsi que leur classement dans les sondages actuels (à titre d’information uniquement !).
Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous tenons à rappeler que notre analyse est basée sur une recherche effectuée uniquement via Internet et que nous n’avons à aucun moment contacté directement les équipes de campagne à l’élection municipale 2020 pour Paris. Nous avons donc adopté une approche d’un citoyen lambda souhaitant connaître les propositions des candidats en matière de logement.

Ainsi, toutes les informations glanées l’ont été à partir d’interview de journalistes interrogeant les prétendants à la mairie de Paris.
En effet, l’équation est très difficile à résoudre pour les candidats à la mairie de Paris pour les municipales 2020. Tout d’abord, ce secteur, déjà extrêmement encadré et taxé, ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre pour inverser la tendance actuelle. De plus, quoi qu’on en dise, il reste fortement corrélé à l’économie de marché.

Il est en outre important de noter que le logement arrive en 6ème position dans les préoccupations des parisiens*. Pourquoi un candidat prendrait-il le risque de perdre des électeurs en faisant passer des mesures trop radicales dans un domaine qui ne fait pas partie des priorités des parisiens ? Il ne faut pas oublier que le logement a des répercutions fortes sur de nombreux aspects de l’économie tels que l’emploi, l’attractivité de la ville, les revenus dégagés pour la municipalité… Ainsi, des décisions trop radicales pourraient avoir un impact indirect sur des électeurs qui, à première vue, ne sont pas concernés par le logement, notamment, les personnes en recherche d’emploi, les hôteliers, les commerçants… En voulant faire passer des mesures ayant un impact sur ces derniers, les candidats prendront alors le risque de perdre également des électeurs potentiels.

* Sondage BVA La Tribune Orange RTL LCI 
Octobre 2019 - maj 20/02/2020
Partis
Intention de vote* 
(01/03/2020)
Rachida Dati  
LR
25%
Anne Hidalgo
Socialiste
23% 
Agnès BUZYN
LREM/UDI
17%
David Belliard 
EELV
14%
Cédric Villani
Sans étiquette
7%
Danielle Simonnet 
LFI  
7% 
Serge Federbusch  
RN
4%
Gaspard Gantzer / Isabelle Saporta  
Parisiens Parisiennes 
1%
Autres listes

2%
* Sondage ODOXA  1er mars 2020
A noter : Les 4 premiers candidats à l’élection municipale de Paris en 2020 représentent donc aujourd’hui près de 80% des intentions de vote. Toutefois, en matière de logement toutes les idées étant bonnes à prendre, nous avons pris le parti dans notre article, de toutes les passer en revue.
Election-municipale-2020-Paris-proposition-logement
CANDIDATS
PROPOSITIONS maj le 20/11/2019
Anne HIDALGO 
(PS / non déclarée encore candidate)
  • Porter la part du logement social et intermédiaire à 25 % en 2025 (contre 22,6 % en 2020)
  • Maintenir l'encadrement des loyers. 
  • Nouveaux outils de régulation pour abaisser le plafond maximum de jours autorisés de 120 à 60 jours, pour interdire les meublés touristiques dans les arrondissements centraux.
  • Organiser un référendum pour définir les conditions d'usage de la plateforme de locations d'appartement AirBnb.
  • La ville pourrait étendre le rachat de locaux commerciaux afin que les loyers et le choix des enseignes soient contrôlés par la puissance publique.
  • Lever 20 Mds€ pour acheter des immeubles et ensuite les louer 20% moins cher que le prix marché.
Agnès BUZYN
(LREM) 
  • Expérimenter pendant une durée de deux ou trois ans à Paris le fait de confier au maire de Paris la responsabilité de l’hébergement d’urgence.
  • Ne pas tout miser sur le logement social mais aussi sur le logement intermédiaire*. Prendre une part des 500 millions d'euros par an consacré au logement social au logement intermédiaire
  • Reconstruire une offre de logements pour les familles

* Logement intermédiaire : Le logement locatif intermédiaire ou logement intermédiaire est un logement du parc locatif (social ou non) dont les niveaux de loyers se situent entre le marché social et le marché libre.
Cédric VILLANI
(Sans étiquette)
  • Fiscalité portant à 100 % la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires.
  • Accélérer la construction de logements neufs là où il existe du foncier disponible en proche couronne
  • Évaluation de l’encadrement des loyers dans le parc privé tout au long du mandat et ajustement des plafonds en fonction des réalités de chaque quartier. 
  • Réduire de 120 à 60 jours par an la durée de location sur des plateformes comme AirBnB
  • Multiplier par dix le rythme de rénovation énergétique dans les copropriétés privées pour atteindre 40 000 par an.

Rachida DATI 
(LR)
  • Régler le problème du logement à l'échelle du Grand Pari
  • Créer 1500 logements par an en reconvertissant des bureaux vides
  • Tripler le nombre de logements sociaux offerts aux familles de la classe moyenne
  • Développer les logements pour les familles monoparentales
  • Une limite de 30% de logements sociaux par quartier et relancer l’accession à la propriété par l’expérimentation de la vente d’une fraction du parc social tout en favorisant le turn over dans les logements sociaux.
  • Conquérir de l’espace en surélevant» certains bâtiments d’un ou deux étages.
  • Restaurer les logements sociaux.
  • Créer un chèque 'Paris-d'avenir' pour toutes les familles souhaitant s'agrandir et qui recevront 1.200 euros par an pendant trois ans pour pouvoir déménager et faire face aux frais.
David BELLIARD 
(EELV)
  • Création de logements dans les espaces vacants.
  • Blocage des loyers pour 5 ans.
  • Transformation des 500 000 m2 de bureaux vides pour loger les plus démunis et la classe moyenne.

Danielle SIMMONET (LFI)
  • Loi pour la baisse des loyers du privé.
  • Taxation des transactions immobilières, si possible de façon différentiée pour taxer plus les quartiers les plus chers.
  • Pratique de la préemption municipale, y compris pour des appartements isolés dès lors que le besoin de logement public dans le quartier sera pressant ou dès lors que le prix demandé par le vendeur sera inflationniste.
  • Encadrement de l'activité des promoteurs avec une charte : des prix de vente raisonnables en échange de droits à construire et d'un foncier accessible.
  • Augmentation de l'offre de logements neufs en modifiant la proportion de logements par rapport à celle des bureaux dans les opérations d'aménagement.
  • Acquisition des logements proposés vides à la vente et création d’un bailleur public spécialisé dans le logement diffus (dispersé dans les copropriétés).
  • Encadrement des locations touristiques.
  • Taxation des résidences secondaires et des logements vacants.
  • Mise en œuvre des réquisitions avec attributaire (réquisitions locatives).
  • Développement du patrimoine public avec recours à l’emprunt.
  • Création de 12 000 logements sociaux par an, répartis dans tous les arrondissements, plus des logements sociaux dans le diffus et les réquisitions.
  • Production centrée sur les logements sociaux de type PLAI et PLUS.
  • Création de logements sociaux et d'hébergements dans toutes les communes de l'agglomération.
  • Mise à jour du PLU pour lutter contre la gentrification et la hausse des prix de l’immobilier dans les quartiers les plus populaires.
  • Développement de la propriété municipale et des baux emphytéotiques pour lutter contre la spéculation immobilière.
  • Extension de la zone de déficit en logements sociaux.
  • Développement des formes d’habitat solidaire et coopératif.
  • Augmentation du nombre de logements sociaux PLAI et PLUS accessibles aux personnes en situations de handicap.
  • Poursuite de la réhabilitation des Foyers de travailleurs migrants, nouveaux FJT tenant compte de la précarité des jeunes.

Serge FEDERBUSCH 
(RN)
  • Permettre aux locataires du parc social d’acquérir leurs logements. Création d'un droit « opposable », les offices et la ville ne pouvant refuser l’acquisition. Les mensualités de remboursement ne devront pas dépasser le total du loyer et des charges majorés de 10 % au plus.
  • Mise en place d'une convention entre la ville et les grands établissements bancaires permettant de mettre en place les financements à long terme susceptibles d’aider les acheteurs.
  • Les nouveaux propriétaires doivent pouvoir revendre leurs biens après une période de 5 ans.
  • Inciter, par une baisse spécifique des droits de mutation et une période d’exonération significative de taxes, les propriétaires de bureaux vides à les transformer en logements pour les vendre.
  • Un meilleur usage des pieds d’immeubles où de surfaces commerciales vacantes pourraient être reconverties en logements pour les acquéreurs.

Gaspard GANTZER / Isabelle SAPORTA 
(Parisiens, Parisiennes)
  • Supprimer le boulevard périphérique en 15 ans en mettant à la place des espaces verts, des équipements publics et quelques logements.

  • Imaginer une « nouvelle Seine »

  • Pour les logements vacants, faire payer chaque mois une taxe de 30 euros par m² soit 14 040€ par an pour un 39m²
Marcel CAMPION
(Libérons Paris)

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Rédaction : De Peter Jorgensen

Propositions pour le logement formulées par chaque candidat 

RAPPEL : Il ne s’agit pas ici de critiquer ces différentes propositions. Nous invitons chacun à se faire sa propre opinion. Toutefois, en qualité de professionnels de l’immobilier, nous allons vous donner ici notre point de vue sur le marché de l’immobilier à Paris pour vous faire avancer dans votre réflexion.
Point 1 : L’importance des transports pour faire baisser les prix
Contrairement aux idées reçues selon lesquelles il y aurait peu de produits à vendre à Paris, l’offre de biens est globalement stable. Ce qui a fait exploser les prix à Paris est avant tout la demande exponentielle.

Nous observons aujourd’hui un paradoxe. Beaucoup de Parisiens trouvent que Paris est sale et polluée, manque d’espaces verts, qu’il est impossible d’y circuler et pourtant, tout le monde veut vivre à Paris. La banlieue proche réunit toutes ces conditions tant recherchées par les parisiens. La plupart de nos clients acquéreurs souhaitent habiter à 45mn maximum de leur lieu de travail. Si les transports en commun étaient plus nombreux, plus rapides et également plus propres, nous pensons que beaucoup de parisiens accepteraient de vivre en proche banlieue ce qui réduirait la demande à Paris et ferait ainsi baisser les prix. Au passage, l’optimisation des transports en commun réduira la pollution intramuros !
Point 2 : Donner la priorité à la baisse des prix plutôt qu’à la baisse des loyers
À la suite de la mise en place de l’encadrement des loyers entre 2015 et 2017 puis sa remise en place en 2019, les loyers à Paris ont été contenus (+7% environ depuis 2015). Comparativement, les prix à l’acquisition ont flambé de +40% sur cette même période. L’immobilier parisien est tributaire de l’économie de marché. Comme tout le monde le sait, pour inverser la tendance des prix à la hausse, il faudrait construire et ainsi rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. Mais, bien évidemment, le foncier à Paris est insuffisant pour construire un nombre de logement susceptible de provoquer un choc d’offre. Il faudra donc trouver d’autres idées innovantes pour inverser la vapeur tout en douceur, en évitant de prendre des mesures radicales.
Point 3 : La question du logement restera un sujet difficile pour les candidats